Cet amour-là

"Elle dit: non, ne pleurez pas, ce n'est pas triste, en rien, en aucun cas. Il s'agit de vous et de pas vous, oubliez votre personne, ça n'a aucune importance. Il ne faut pas se prendre pour un héros. Vous êtes rien. C'est ce qui me plaît. Restez comme ça. Ne changez pas. Restez. On va lire ensemble."

Yann Andréa

I came upon a crossroad

All those legs dog legs crawling running around up and down waiting behind the door what door
Wide open door

Ice cold plastic air right through my hip I know my hip the cold the legs don't work at all
I looked at them, felt my tongue seeing them
Dragons' eyes sparkle
I mean they look at you they never stop
Gaping mouths
Fury spine
Sitting waiting
Threatening
Pretending to know
Dog's knowledge
Sniffing away
What trail where
The distance between me and you

How
It doesn't matter who you are
Connexions
Numbers, papers, shelters
What shade where
Tiny creatures
Eyelids squashed and pulled and
Squashed and pulled and away
All torn
As if eyes

Bones will end up skulls
Will look great on the wall on the desk
Bones and skulls where once
Nerves also

Can you picture
Soft and sweet and trees
It's the star
Said I think so

Stones now
Knees and stones and glass
The lines exploding turning into
Deep  holes water black and thick and old
Eyes and mouths and cheeks and necks
All laughing
Sweet true laugh
Easy sweet easy
The trees are dancing






Lamia

Big fat white heart open, mouth with thick lips, ready to kiss and bite and lick and love. Huge. Each step big brests moving up and down and left and right. The smootheness of the skin and the big calves and the butt. So deep. The amount of noses one should burry in that flesh. The strength of one against all. Men weeping under each arm. A babe snoring comfortably inside her right cheek. Her eyes stroking miles of Angst. Between her thighs, flowers blooming in shades of yellow, pink and green. The goddess was wearing a white top and a pair of very thin leggings her arms were tatooed had been tatooed long ago some ink still showed signs of previous pains on her dark skin. Fat around the bones under the ears hair tied back. All those years of holding onto crying souls. Foul play each step of the way. A dying soul is a lying soul is a soul that does not say. Lamia bloomed away.

It wasn't that difficult to carry the same chair up the same hill every day of the year. Just sometimes she fell sometimes a leg broke sometimes the hill was a mountain was a wall was a nothing she had to cling onto until the next day or man it's all the same.

She'd seen the cloud coming seen it understood it the meaning the amount of men crying under her arms blooming between her legs remembering peace inside her mouth. All increased. The cloud kept on crawling she went on blooming licking. Thick lips, fat heart. The cloud was nothing at all. One could nearly see through it and time would pass does pass is made to pass. She didn't care and kept on being Big and fat and white and black.

It's when her girlfriend disappeared that the first bruise appeared. Soon she'd be thin. But in the meantime: big fat white heart open, mouth with thick lips. Kissing away.





Namenlos

And she hates herself for thinking of it of what of the time passed in some sort of enjoyment that is was true time to erase time to forget time to destroy by turning into a snail a slug a dribbling creature of God.

The girl on her bed her legs wide spread with the evil smile reflected all around
The tip of the tongue, bleeding son of a bitch
Mary mother
Put a gun in her mouth

What is expected, mastered in all languages. Never decifer the back of her teeth, some inscriptions are just made to stay wet. It's so much easier to read between lines than to accept the wideness of all screens. Their obvious truths that are crude that are touchable.

She yelled, the cat fled, and a child was fed. Long ago, in the midst of a dream. He had a tiny belly and a stick in his had. He just wouldn't let go. Who are we to judge?

Brains sucked to death. And leaves flying. Always flying.


 




Times were hard

Trente éléphants leurs défenses leur odeur le poids des pas sur le sol. Un coup éclatant. L'oubli soudain des préoccupations. Assis sur l'asphalte les mains sur la tête dans les cheveux tentant de couvrir les yeux et les oreilles sans parvenir à éteindre le truc là bas la lumière qu'ils l'appellent mais les mots là maintenant pas vraiment. Le mur dans le dos, rugueux. Le tout qui sonne la cervelle la cavité buccale pleine à craquer qui déborde sans savoir quoi faire de ce paquet au seuil du propos. C'est venu très clair évident sous la forme d'une masse à ajouter au monde pour le trancher bien net dans le sens du présent puis arrivée sous les dents la langue a sursauté. Ondulation ralentie. Vague ramollie. Épave gantée. Et depuis là ça fond se meut se gonfle d'une volonté que d'aucuns qualifieraient de pas jolie jolie. La forme, la masse, comme la pile de déchets dont la nature ne sait que faire alors c'est là impossible à faire disparaître. Pourtant bien simple l'idée d'un retour à l'envoyeur tout noyer dans les tréfonds. Mais ce qui est né est né et ça rien à faire c'est là sur tes bras. Alors les mains sur la tête pour aider la bouche la langue mais le cul sur l'asphalte rien à faire ça marche pas. Rien tranché net rien ajouté pas présent. Et les éléphants qui eux savent eux marchent eux posent poids des défenses comme une ponctuation tranquille. Caresse d'ivoire. L'asphalte leur peau les mains et les culs à porter. L'incohérence du verre qui avant l'asphalte était sur le zinc sur le bois sur le formica bien dégueulasse. Prêt lui aussi à l'orée de la cavité à couvrir l'ensemble d'une caresse poisseuse. L'ennui soudain. La cavité tressaille. Quelque part entre Pigalle et Blanche. Le nombre d'explosions. L'idée des poses bien nettes. Un bras replié sur une jambe elle même explosée sur la face écartelée d'un homme au passé. La forme qu'a pris l'ennui, traître, écran blanc. Quelques tâches qu'on pourrait attribuer à la masse à la bouche aux oreilles qui essaient de formuler. Les dents qui coupent tout, avec méthode. Cri pas cri.



 

Oh shoot

The word to say city concrete sand and piss
Sounds like a big slug dancing the twist
I mean fingers in my bones stroking the inner out
Time

Counting seconds hours and days waiting
For the sign to say alright this is
It the way to go start running
Those arms that waist those ancestors
So you don't have to fight
Just melt taking a face diving
Into the perfect reflection of each new eye
along the long winding road to
Freedom meaning wisdom meaning
Something people want
Need
Or don't give a shit about

Skin faith and health account for nothing
My dream is blue you
Know it's blue
Beautiful rocks falling down squashing
All human kind
Huge potatoe soup bones
Swimming

A skull to create a cult
Two ears and an mountain to climb
Very little trees along the way
Bursting away
Come on take my hands in yours
Because I'm talking

Kitchenette

Un membre à vif en verre brisable. La fonte des neiges qui se font miel, asphalte liquoreuse, contagieuse. L'os fatigue, transmutation. Peau blancheur lait. Peau blancheur lait et silence de cette naissance. Corps unique et simple. Corps simples qui s'agglutinent sur les bords de la rétine. Les masses qui pèsent. Irradiation d'un savoir incommensurable. Les routes qui usent genoux la boue qui boit, à son rythme, sans rien régurgiter jamais sans rien donner juste pour nourrir le charnier souterrain. L'épiderme tressaille. Un caillot dans la veine fémorale. Fulgurance. Corps entier cassé brisé roulé sur le côté les griffes sur le sol le sang dans les sillons. Le râle qui ne calme rien, jamais. L'image rasoir. La douleur simple, nette, indicible, qui redessine le corps. Membre à vif en verre brisable. La coupe qui pourrait se faire sous le genou précisément comme pour se débarrasser du reste inutile d'une douleur enfin tue. Qui pourrait faire comme si jamais besoin. Qui aurait la prétention de nier l'existence fantôme du membre arraché à vif. Qui le croirait très certainement laissé là sur le chemin sur cette route en boue sous cet arbre décharné sous ce ciel en nuances de pigeon, plumes et duvet. Membre absorbé par l'appétit constant, bovin, des forces souterraines. Corps qui se croirait en cela libéré et qui évidemment se tromperait, on le sait bien, sauf que sur le moment douleur là fulgurante de corps en verre brisé à vif l'image rasoir sous le genou c'est bien roulé sur le côté ongles plongés le sang les sillons, griffes et doigts et serres en compression. Entrailles. Peau blancheur lait. Savoir accumulé. Pendant ce temps aux quatre coins de l'espace pigeon, corps simples s'agglutinent. Membres irradiés de douleurs indicibles, éclatantes. Images rasoirs reflétant le néant. Et la tentation partout de couper. Pas d'idée.

Filet de bave. Petites bulles translucides et le fil qui d'une lèvre à l'autre.

Peau blancheur lait instruments noirs et lisses et mats. Le rythme des images rasoir. Ça tranche sec. Comme quand l'instrument pète. La main qui tire appuie le terme même de gâchette.

Lucie

"murmura la belle et savante chirurgienne; passe-moi du baume et prépare de la charpie" 
Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845


Shit hurts, slogan noir sur fond blanc. Rapport à un groupe mythique très peu écouté des années quatre vingt. Le top laissait entrevoir la forme précise du sein. Petit, le téton affirmé.

Je crois que la femme pleurait. Je le crois bien que ses mollets se soient évertués tout le long de l'entretien à dire précisément l'inverse. Ouverts, éclatants, ils affirmaient sa force son unique présence sa chance parmi toutes celles de Paris d'avoir ces mollets et ce cul. Disons qu'ils s'attachaient à ce savoir relatif comme à une bouée, courant les trottoirs, traversants les passages piétons et grimpant les marches à une allure de gazelle en lévitation. Pendant ce temps, la femme parlait. A mesure qu'elle parlait, clairement portée par les mollets (qui, je le rappelle, vadrouillaient), sa gueule s'ouvrait. Trahison suprême, la lèvre supérieure se tordait comme un serpent en pleine crise d'épilepsie. C'est-à-dire qu'on la voyait tressaillir, dans un rejet absolu de la danse du mollet. Et les mots qui, lissés, formaient des bulles éclatantes de joie moderne, séduisante, clinique, étaient trahis par ces lèvres (le bas répondait au haut en une forme de transe chamanique, intense d'immobilité). Dans leur ombre, les dents se cachaient les unes derrière les autres,  honteuses, tout en découvrant parfois – quand par exemple les lèvres se fendaient d'un sourire menteur – un œil de mendiante qui se mettait bien en bas pour regarder supplier nier tout ce que la bouche disait. La langue elle-même rampait tout au fond, récalcitrante, ce qui fait que le son bien certain des mots de la femme qui se voulait biche fleurait le vomi. Pris de nausée, je voulus assez rapidement partir mais je compris aussi que mon acharnement à analyser les tétons et mollets, la langue, relevait d'une obsession pas tellement naturelle. Ou plutôt, je sentis le monstre de la culpabilité m'envahir. Ou plutôt, je compris que les délices du voyeurismes n'étaient pas loin. Que la chose allait s'accentuer que la lutte entre mollets et lèvres serait sans merci et que, sans moi, tout retombait à plat. Oui parce que moi dans tout ça. Moi déclencheur de cette lutte intestine. Enfin, s'il faut être totalement honnête, et à quoi bon faire autrement, moi-pas moi. La minette était prise au piège non pas tant par moi, ma chair, mon sang, ma date de naissance, mon empreinte digitale, que par ce qu'elle attendait de moi. Un prix. Une petite décoration à mettre sur son top, sur sa cuisse ou dans son crâne. Un truc étincelant qui dirait qu'elle biche, mollets et œil (parce que les mollets n'étaient pas seuls), m'avait moi dans la peau comme dans la vie et réciproquement. Comment on en était arrivés là comme à chaque fois, presque mathématique, la différence entre vide et plein. Aussi peut-être une assez bonne adéquation dans la répartition entre lesdits vide d'un côté et plein de l'autre. Circonstancielle adéquation, délicieuse au demeurant, un peu encombrante dans le temps. Et puis aussi mon habitude de la biche et de la mendiante. Souvent réparties de la sorte chez les femmes de Paris. Il ne faut pas croire que je ne reconnais pas sa charmante existence ou que je la mésestime. Non je l'aime. Au même titre que n'importe quelle autre charmante existence. De Paris ou d'ailleurs mais c'est à Paris que ma collection est la plus importante. D'aucuns pourraient voir en moi un naturaliste, qualificatif qui ne me déplaît pas mais que j'évite de mentionner quand une biche se ramène. Bref, là, une biche mendiante bien proportionnée aux mollets ravissants avec des dents toutes recroquevillées.

Et tout à coup l'oeil droit de dire – j'en ai marre toujours pareil de la langue qui rampe après avoir volé. Tu veux pas qu'on échange?

Se pourrait-il que. Mais non c'était impossible, les lèvres étaient au paroxysme de leur crise et la gueule déconstruite au dernier degré (un champ de ruines, une déchetterie, un HLM? Impossible de savoir à quelle image elle s'accrochait). Pourtant.

Sérieusement. T'as jamais voulu essayer? Les délices de la torture ventre au sol, ongles plongés dans les tripes, chair baignée de larmes. Le fait de savoir. Il y a quelque chose d'exaltant à vouloir toujours sans jamais assez. A voir les barbes se dresser, lâches et muettes, dans un rejet épidermique. A pouvoir percevoir le dos qui rêve de se dresser pour permettre la fuite du corps lassé. Se sentir visqueux, menaçant. Avoir les mains tordues, crochues et suppliantes. Le corps qui dicte tout. La tête qui n'existe plus autrement qu'en auxiliaire, outil au service d'une faim terrible. D'une faim légitimée depuis que le monde est monde. D'une faim maintes fois louée. D'une faim absurde et ridicule si on y pense mais si impérieuse qu'elle en devient une façon d'y être, au monde.

Et c'est comme ça que finalement, shit hurts, slogan noir sur fond blanc.


they said exorcise

Bang on the door he licked the floor
He licked and kissed dust on the tiles on the rug on the wood
Splinters
He jumped in the car turned the
Engine on opened the
Window and thought of the radio
I don't know
He was yelling inside he'd been for days
He was still and silent
Felt like nothing
Free and grand
Mothers and daughters
Just a glimpse at the back
Of his head but then the
Words learnt to erase such horrors
Wisdom and pride
He for all others
Just the amount of money
Made in a day of children
Working to pay
Never really seen but knew
We all do
The price and the movement of things
Up and down scales heading towards
Mouths and butts all the same
Time had been measured
Four minutes to leave behind
Two turns no speed limit
Then the people the water the pleasure
Yelling and dancing and looking

It would be like braking a wall

Wave in me

They say light is shed
Repercussions
Tumbling out of the mouth
Dripping off the teeth
Things never really meant


Stanilsas's heart broke a thousand times understanding men and legs and endless desire that died while the curtain shivered. Open mouths. Hiding young lovers, gaping. The eyes remained silent, pretending things were easy. A well known story, two starving bodies. Pigs starve. Ants starve. Men starve. Hunger is fed. Bourbon numbs the pain while the dried out tongue begs. Let's go backwards. Let's not brake it. Let's protect this shit. Let's pretend it didn't. Let's start it from scratch as if perhaps the leaves and the stem could still grow. As if perhaps the glowing was true and respected and acknowledged outside the terrible stains on her arms.


One word a day
And nothing to say


Who has the power to judge and what does judging mean said Stanilsas, tears of led running down his Polish cheeks. Who are you men pretending you know, numbing your senses as if blindness was a strength. Why don't you see and feel the amount of time wasted polluted discarded? Why don't you sing and fuck and lick and pray? Why don't you laugh?

The trout jumped out of the river, playing with a ray of sun. The river was disgusting. Thousands of girls thinking of drowning. None of it had a meaning. The trout could burp. Miracle above all. The ageless trout its taste and shape. The idea of the fire of the fish bones of the wishes. Shiny fish swimming in the water. Rocks and weeds twisting themselves around soggy chunks of wood deteriorating under the same rays of sun the trout was jumping through. The careless trout, the hunger, the fire. The girls still thinking of drowning. A river turned into a highway. Bunged up by Ophelias.

The tiny pink mouth asking for more, spitting blood. Farting away. The politeness of it all.





God is in the house

I don't want to feel relieved. And the cat jumped out of the hat. Window panes were melting wasn't hot though was the light disturbed the truth broke through the veil exploded eye lids and dried out tears. He said I lied I never do I just don't find the words to say the imbecility of bright blue skies. The cat moved like a girl on fire, jumping from spot to spot climbing onto tables refrigirators and plastic sofas. The plastic shined.

The cat was up and down and nowhere to be seen. Darkest shades of beige. Carpets, walls and staircases. He spat out mice and tongues. Claws tearing down curtains. Ivy curtains shredded ivy pourring down the drain of thoughts God like ivy tempesting in green around the lounge. The cat was in fact a girl on fire.

Navy blue skies reassured them all. Dribbling stars and death like moon. Future would fail no more. Backs and fronts, facing corners all alike.